Jusqu’ici, je ne m’étais jamais intéressée aux “GRP”, les GR de Pays, persuadée que ceux-ci étaient forcément moins bien que les “vrais” GR, qui font rêver tout bon randonneur qui se respecte. Mais quelle erreur !!!
En juin dernier, une opportunité se présente pour partir marcher avec Pisco. Occasion un peu plus rare depuis la naissance de mon fils en 2024, on ne va pas se mentir !
Ni une ni deux, j’embarque ma mère dans l’aventure, et nos recherches nous lancent sur le projet du Tour du Tanargue. Pourquoi ce choix ? Eh bien déjà, parce que c’est en Ardèche et que nous n’aurons donc pas de problème de neige en altitude, comme cela peut être le cas en cette saison dans les massifs les plus hauts. Ensuite, parce que cette randonnée est réalisable entièrement de gîte en gîte, nous permettant de marcher avec des sacs légers… Oui, vous avez bien lu, de gîte en gîte… Avec votre meilleur ami à 4 pattes ! Tous les établissements du Tour du Tanargue ont accepté Pisco sans broncher. C’est assez rare pour être signalé !
Enfin, il s’agit d’une boucle, ce qui permet de retrouver simplement son point de départ sans avoir à gérer la contrainte du retour en stop ou en transports en commun, parfois inexistants dans ces coins-là.
Retour sur cette aventure, qui combine : des paysages incroyables, très peu de monde sur les sentiers, et de super gîtes et tables chaque soir… Exactement ce qu’on recherche en rando, non ? 🙂
Infos pratiques pour préparer le Tour du Tanargue
- Durée : 4 jours / ~70 km
- Niveau : intermédiaire à soutenu
- Départ : Largentière – plusieurs parkings gratuits en ville permettent de laisser sa voiture durant la marche
- Site officiel : GRP Tour du Tanargue
- Les durées de marche sont communiquées à titre indicatif et dépendent de votre niveau.
- Les orages sont fréquents sur les crêtes après le sommet du Méjean (3e jour). Bien vérifier le bulletin météo du jour, décaler l’étape si nécessaire et partir très tôt…
Sommaire
- Jour 1 : de Largentière à La Roche (Beaumont) – 17 km – 1100 m D+ – 5h20 de marche
- Jour 2 : de La Roche (Beaumont) à Loubaresse – 15 km – 700 m D+ – 4h de marche
- Jour 3 : de Loubaresse au Jal – 24,5 km – 620 m D+ – 6h20 de marche
- Jour 4 : du Jal à Largentière – 12 km – 250 m D+ – 3h de marche
- Randonner avec son chien sur le Tour du Tanargue
- Bilan et ressenti
Jour 1 : de Largentière à La Roche (Beaumont) – 17 km – 1100 m D+ – 5h20 de marche
La veille du départ, nous dormons à l’Auberge des Trois Amis à Vinezac (67€ pour deux). Un excellent rapport qualité-prix et une très bonne table, en terrasse dans un joli village. De quoi faire monter l’excitation, j’ai les jambes qui fourmillent !
Le lendemain matin, après avoir garé la voiture à Largentière et récupéré un pique-nique, nous trouvons rapidement le départ du GRP au cœur du joli village de Largentière. Le sentier quitte rapidement le village pour serpenter entre forêts, vignes, murets de pierre sèche… Le balisage jaune et rouge est bien présent, nous voyons nos premiers châtaigniers, et les températures grimpent.
Nous arrivons à la Tour de Brison. Il y a une quinzaine de personnes sur place, puisque le panorama est très beau ET accessible en voiture. À nos pieds, le massif du Tanargue que nous allons parcourir durant les quatre prochaines journées. Pour ma plus grande joie, les villages sont peu nombreux et très bien intégrés dans le paysage. On sent qu’on va s’écarter de la civilisation !
La descente après la tour, que nous reverrons plusieurs fois à différentes distances et points de vue, est assez technique et toujours sous une chaleur implacable. Au fur et à mesure que nous descendons, nous avons l’impression d’entendre de l’eau… Eh bien oui, nous sommes au Pont du Gua, où plusieurs vacanciers se baignent ! Nous ne pouvons pas résister et faisons de même. Quel bonheur de se glisser dans l’eau fraîche après avoir eu si chaud ! Pisco aussi est ravi.
Hélas, il faut repartir et il nous reste encore une belle petite ascension jusqu’à notre gîte, l’Auberge du Thélème (65€ pour deux). L’étape 1 “officielle” s’arrête au Pont du Gua, mais les hébergements sont complets. On souffle donc encore un peu avant d’arriver dans une chambre très fraîche. Les lieux sont tenus par une femme hyper sympathique, très arrangeante, qui gère tout de front sans être “du coin” et a donc dû se faire sa place dans le village. La carte change chaque jour avec des produits locaux, nous nous régalons !
Une bonne mise en jambes pour cette première étape.
Jour 2 : de La Roche (Beaumont) à Loubaresse – 15 km – 700 m D+ – 4h de marche
Plutôt que de repartir sur nos pas pour retrouver le tracé du GRP là où nous l’avons quitté la veille, nous empruntons, sur les conseils de l’aubergiste, la piste forestière. Nous retrouvons le GRP un peu plus loin. Il fait déjà chaud à 9h du matin, mais le panorama est superbe. Nous retrouvons la forêt, mais suivons un superbe chemin à flanc de montagne, très fleuri. Il y a par contre peu d’ombre ! Pisco a chaud et le fait savoir en s’allongeant régulièrement à l’ombre.
Nous décidons donc d’emprunter la route forestière du sommet des Moles, qui raccourcit un peu le trajet jusqu’à Loubaresse. C’est d’ailleurs un excellent choix puisque cette route est superbe, colorée d’ajoncs en fleurs. Plusieurs sources permettent à Pisco de se rafraîchir, des nuages menaçants s’amoncellent au loin et créent un contraste saisissant avec le jaune des fleurs !
À Loubaresse, il existe 3 gîtes différents, tous complets, mais la personne en charge nous a dit qu’elle nous “trouverait une solution”. Il s’agit en fait du maire du village, qui ouvre sa maison de famille aux randonneurs lorsque le gîte municipal est complet. C’est rustique certes, mais cela nous dépanne bien !!! Cela fait plaisir de voir que dans certains coins, on accorde encore facilement sa confiance à son prochain.
Nous dînons au gîte de l’Église en compagnie du Club alpin de Saint-Étienne (ce sont sans doute eux qui ont pris toutes les places au gîte 😂), ambiance dîner au refuge à la bonne franquette, très sympa. On discute de la meilleure heure de départ le lendemain pour éviter les orages… Qui se lèvera en premier ? Le petit-déj et le panier pique-nique sont également prévus par le gîte de l’Église.
Jour 3 : de Loubaresse au Jal – 24,5 km – 620 m D+ – 6h20 de marche
C’est nous qui gagnons sur l’heure du lever, puisque j’ai une peur bleue des orages en montagne et je veux donc à tout prix éviter de nous faire surprendre sur le col du Tanargue, réputé pour cela. Nous partons en fermant simplement la porte derrière nous, merci monsieur le Maire pour votre confiance.
Nous entamons la montée dès 7h20 : c’est raide tout de suite et ça pique un peu avec les deux journées précédentes dans les jambes. Pisco se baigne, je découvre qu’il y a un abri pour les randonneurs un peu après Loubaresse (“La Grangette” – je ne suis pas allée voir à quoi ça ressemblait). Les forêts et les ajoncs sont toujours aussi beaux.
On arrive ensuite sur un immense plateau herbeux, on se croirait en Mongolie mais en hauteur. J’attache un peu Pisco qui, grisé par tout cet espace, se fait quelques courses-poursuites avec des oiseaux… J’ai besoin qu’il garde son énergie pour le reste de la journée !
Nous entamons une descente, et je vois bien dès 12h30 que des nuages commencent à s’amonceler. Je décide de presser maman pour ne pas pique-niquer trop longtemps. Heureusement, car il nous reste encore de la montée, et pas des moindres ! On se retrouve dans d’étroits sentiers de chèvre, à devoir par moments mettre les mains et pousser Pisco tant c’est vertical. C’est une toute petite partie de la rando mais c’est un peu technique !
On entame cette fois la descente pour de bon, le tonnerre gronde et moi je flippe. On croise un père et ses deux ados, pas super équipés, en train de monter : je les alerte sur le risque d’orage, mais nous on continue à tracer ! On entre dans les bois, un premier éclair et de grosses gouttes, je n’ai jamais marché aussi vite de ma vie en descente 😅
Heureusement, le grain passe, on atteint le gîte du Jal au sec (ce n’est pas le cas d’autres randonneurs qui arriveront plus tard, et qui auront attendu que l’orage passe blottis contre un rocher… L’enfer !).
On passe encore une superbe soirée en compagnie de nos hôtes atypiques. Monsieur et Madame ont tenu toute leur vie ce gîte qui faisait aussi étape pour les cavaliers. Ils cultivent et produisent eux-mêmes 100% de la nourriture pour le gîte, eux, et la famille de leur fils. Ce dernier a repris l’activité avec sa femme taïwanaise ! Ils vivent tous ensemble sur le hameau, sans voisins avant plusieurs kilomètres…
C’est en tout cas une étape exceptionnelle du parcours, avec des paysages incroyables et de belles rencontres.
Jour 4 : du Jal à Largentière – 12 km – 250 m D+ – 3h de marche
C’est déjà la dernière journée du GRP. Nous repartons au travers des plantations de châtaigniers, traversons des hameaux construits uniquement en pierre, toujours de belles forêts… On arrive à Largentière pour déjeuner, une pizzeria est ouverte, c’est parfait !
Nous réalisons l’incroyable randonnée que nous avons vécue, que ce soit au niveau des paysages, de la faible fréquentation, des personnes adorables rencontrées chaque soir, ou du fait de pouvoir vivre tout ça avec Pisco… Il ne reste plus qu’à rentrer, le cœur plein de souvenirs et la pellicule de l’iPhone pleine de photos !
Randonner avec son chien sur le Tour du Tanargue
Clairement, si je devais résumer le Tour du Tanargue en une phrase côté chien, ce serait : une randonnée vraiment pensée pour pouvoir être faite avec son compagnon à quatre pattes. Et ce n’est pas si courant pour être souligné !
Réglementation et cohabitation
Sur l’ensemble du parcours, nous n’avons rencontré aucun panneau interdisant les chiens, ni traversé de parc national ou de réserve avec restriction spécifique. Il n’y avait pas non plus de zones de pâturage, notamment sur les plateaux et dans les zones ouvertes du massif. Nous n’avons pas croisé de chiens de protection (type patous), mais ça reste possible selon la saison et les troupeaux présents.
👉 Bien sûr, cela peut évoluer en fonction de la saison. N’hésitez pas à appeler l’Office du Tourisme ou poser la question aux gîtes pour anticiper !
Eau, chaleur, pauses : le nerf de la guerre
En juin, la chaleur était clairement un facteur à prendre en compte. Certaines portions sont très exposées, avec peu d’ombre sur les flancs de montagne.
On a croisé plusieurs sources et ruisseaux,, ce qui a permis à Pisco de se rafraîchir… Mais il a eu chaud quand même. Il faut donc écouter son chien, quitte à ralentir le rythme ou écourter l’étape si nécessaire.
💡 Mon conseil : partir tôt le matin, emporter 3 litres pour soi + le chien, surtout sur les longues étapes, et toujours garder un peu de marge sur le timing.
Pour les repas, rien de spécial : ses croquettes habituelles, simplement réparties dans son sac pour alléger le mien.
Équipement recommandé
Rien de très exotique, mais quelques indispensables que je recommande clairement pour ce parcours :
- un harnais confortable, qui permet de l’aider ponctuellement dans les passages un peu raides (notamment le jour 3)
- une longe extensible, utile dans les zones ouvertes et les pâturages
- une gamelle pliable facile à sortir dès qu’un point d’eau se présente
- une petite trousse de secours pour chien (coussinets, tiques…)
Certaines montées raides et exposées du jour 3 demandent un chien en bonne condition physique et habitué à ce type de terrain. Rien d’impossible, mais clairement à anticiper.
Bilan et ressenti
Ce Tour du Tanargue restera pour moi une de ces randonnées où tout s’aligne presque parfaitement.
D’abord, les paysages, incroyablement variés pour une boucle de “seulement” 4 jours : forêts profondes, crêtes ouvertes, plateaux herbeux, hameaux en pierre, et très peu de zones urbanisées.
Ensuite, l’ambiance : peu de monde sur les sentiers, beaucoup de calme, des rencontres simples et sincères dans les gîtes.
Et enfin, la difficulté, bien dosée : jamais ennuyeuse, parfois un peu physique, mais toujours accessible avec une bonne préparation.
N’hésitez pas à commenter cet article si vous avez des questions sur des points que je n’aurais pas abordés… Et laissez moi un petit commentaire avant ou après votre rando, j’ai hâte de connaître votre ressenti !