Afin de préparer notre Tour du Mont Blanc, nous sommes partis marcher 4 jours en autonomie dans le massif de Belledonne, avec notre chien. Notre itinéraire nous a conduit de refuge en refuge, en partie sur le GR 738 (Haute Traversée de Belledonne), nous permettant ainsi de ne pas avoir à porter de nourriture. Nous avons pu planter notre tente directement à côté. Récit ! 

💡 Bon à savoir

  • Les durées sont communiquées à titre indicatif et sont les durées effectives de marche : vous devez ajouter du temps pour les pauses (par exemple, pour le 3e jour, nous avons marché 7h40 mais mis 10 heures pour réaliser l’étape)
  • Cette randonnée n’est pas réalisable en dehors de la période estivale : le refuge des Sept Laux est fermé et les transports en commun cités ne fonctionnent pas
  • Il est possible de dormir au refuge plutôt que sous la tente : prévoir les boules Quiès !
  • La réservation est indispensable dans les refuges, même uniquement pour les repas. Prévoir des espèces pour régler.
  • Les chiens ne sont pas acceptés dans les refuges : ils doivent attendre attachés devant ou sous la tente durant les repas.
  • Il est possible de croiser des troupeaux gardés par des chiens de protection, qu’il faudra contourner.
  • Prévoir 2L d’eau minimum par personne, et des couverts (pas fournis dans les pique-niques des refuges) ; du Micropur pour pouvoir se ravitailler en eau dans les torrents
  • Cartes IGN utilisées pour préparer cette randonnée :
  • Le massif de Belledonne est assez minéral, rendant la marche plutôt technique. Renseignez-vous sur les passages difficiles auprès de l’Office du Tourisme, notamment si vous avez des enfants.

De Chamrousse au Refuge de la Pra – 12 km – 836 D+ – 3h40 de marche

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Nous quittons Chamrousse vers 10 heures du matin, après avoir acheté des sandwichs pour le déjeuner, et retiré des espèces pour nos 4 jours de marche (les refuges acceptent rarement la CB). Nous avons laissé notre voiture sur le parking de l’Arselle.

Il est également possible de venir à Chamrousse depuis Grenoble en bus, via la ligne estivale 707 ou via la ligne régulière T87.

Montée au lac Achard

Nous nous mettons en route en direction du lac Achard. Le soleil cogne déjà, nous avons chaud dans la montée. Heureusement, nous atteignons rapidement le lac et Pisco peut se rafraîchir en se baignant. Après avoir mouillé nos casquettes, nous ne tardons pas à nous remettre en route, en suivant les panneaux vers le refuge de la Pra. Le sentier continue à monter, implacable. Après avoir passé un petit col, nous prenons notre première claque visuelle du séjour en arrivant aux lacs Robert.

Il y a un peu de monde car il est possible de monter en téléphérique depuis Chamrousse, mais cela reste raisonnable. Petite pause pique-nique, baignade dans une eau bizarrement très chaude.

Lacs Robert

Après cette pause déjeuner, nous reprenons le GR738, balisé en rouge et blanc, toujours en direction du refuge de la Pra. La journée est vraiment chaude, avec peu d’ombre. Nous croisons de nombreux lacs, j’envoie Pisco se baigner à chaque fois, nous faisons également une pause à l’ombre d’une falaise. 

A 15h30, nous atteignons le refuge de la Pra. Nous profitons de sa terrasse pour nous reposer et jouer aux cartes avec une boisson fraîche, en attendant l’heure du dîner. 

Au dîner (soupe et rougail saucisse !), nous partageons notre table avec des chercheurs de l’INRAE, chargés d’étudier la flore des éboulis du massif. J’adore les rencontres inattendues des refuges !

Pas facile de trouver où monter la tente ce soir-là : le bivouac est interdit sur le plateau situé devant le refuge, en raison de la présence possible d’un troupeau, et il est également interdit au niveau du lac Claret (bien qu’il y ait eu des tentes le soir de notre passage).

De notre côté, nous remontons par le GR sur une cinquantaine de mètres : il y a un petit plateau juste au-dessus du refuge avec de la place pour 2 ou 3 tentes. Nous y serons bien pour la nuit, et pas trop loin pour revenir le lendemain matin pour le petit-déjeuner et récupérer notre panier pique-nique !

Du Refuge de la Pra au refuge Jean Collet, avec l’ascension de la Croix de Belledonne – 13 km – 920 D+ – 5h de marche

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La nuit a été entrecoupée de plusieurs réveils, c’est fréquent quand on n’a pas dormi sous la tente depuis longtemps. Le petit-déjeuner du refuge de la Pra est copieux : tartines, céréales, gâteau maison, jus de fruit et boissons chaudes ! Le camp est plié et tout le monde a le ventre plein, alors en marche à 8h20, il fait moins chaud que la veille !

lacs doménon

Notre étape du jour consiste à rejoindre le refuge Jean Collet, en faisant un détour pour monter à la Croix de Belledonne (2926 mètres), l’un des plus hauts sommets du massif de Belledone. Le premier col de la journée, le Col de la Pra, est juste au-dessus du refuge et vite atteint. Il y a une cascade, un petit plateau herbeux, certains ont campé là, le spot est sympa !

Nous continuons de monter dans un premier pierrier, pour atteindre les Lacs du Doménon. Leur surface miroir resplendit dans le soleil du matin, c’est superbe. Après avoir longé les deux lacs, le sentier part en à pic dans la caillasse en direction de la Croix de Belledonne. Nous suivons les cairns (tas de pierres créés par les randonneurs) car le sentier est peu balisé.

Après une première montée bien raide, nous traversons quelques petits névés. Au pied de la dernière ascension pour le sommet, nous déposons nos sacs : rien ne sert de les transporter jusqu’en haut puisque nous allons revenir sur nos pas !

croix de belledonne
glacier de Freydane
col de Freydane

Au sommet de la Croix de Belledonne, l’à-pic est vertigineux, m’obligeant à m’assoir puis bien vite redescendre. Le panorama est à 360 degrés !

Il est 11 heures quand nous retrouvons nos sacs, nous décidons de manger une barre de céréales et de pique-niquer plus loin. Nous redescendons sur nos traces, afin de trouver le sentier qui part en direction du Col de Freydane. Son ascension est simple, la descente le sera beaucoup moins !

Au niveau du Col, la vue sur le glacier de Freydane est très belle bien que celui-ci soit considérablement réduit par les fortes chaleurs. Nous entamons alors une longue descente du Col, le sentier est très glissant et nous chutons sur les fesses à plusieurs reprises (bâtons de marche indispensables !). 

En ligne de mire, le Lac Blanc et sa couleur turquoise, où nous pique-niquons. La descente du Col de Freydane a été longue et fatiguante !

col de freydane
lac blanc

Nous ne sommes pas au bout de nos peines : après le lac, nous continuons à descendre dans la vallée. Le paysage se transforme totalement et devient très vert, c’est appréciable après avoir passé la journée dans un paysage très minéral. Nous apercevons le refuge Jean Collet au loin, perché sur un éperon rocheux. Il faut remonter un peu pour l’atteindre ! 

Le refuge propose un emplacement dédié pour les tentes, une centaine de mètres plus haut. Il y est très difficile d’être à plat, mieux vaut arriver tôt ! D’autres campeurs se sont mis sur des emplacements non officiels au-dessus du refuge, à proximité d’une source. Nous dînons en discutant avec les autres randonneurs (saucisses & polenta). Des silhouettes de chamois se découpant sur les crêtes font l’animation. 

Refuge Jean Collet
refuge Jean Collet

Il est possible de se doucher au refuge (cabine fermée) avec l’eau du torrent (glaciale) ! Nous avons été un peu déçus par le petit-déjeuner très light (tartines et boissons chaudes uniquement) et par le dîner, moins savoureux que la veille. 

Du refuge Jean Collet au refuge des Sept Laux – 19 km – 1450 D+ – 7h40 de marche

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⚠️ Si c’était à refaire, nous aurions raccourci cette étape en passant par le refuge d’Aiguebelle. Le Col de la Vache et la Brèche de la Roche Fondue sont 2 pierriers très techniques, notre chien a dû être porté par endroit et a eu les coussinets abîmés. 

Nous savons que nous avons une longue étape aujourd’hui, aussi nous quittons le refuge Jean Collet à 7h30 du matin, en direction du Col de la Mine de Fer. Cette première ascension à la fraîche se passe plutôt bien, malgré un pourcentage de pente important sur les derniers mètres. Nous surplombons alors le passage vers la Brèche de la Roche Fondue, qui porte bien son nom : c’est un énorme pierrier à franchir. 

belledonne pierrier

Après ces premières heures de marche sur des sentiers très techniques et rocailleux, le paysage redevient plus vert, mais reste malgré tout très sec. La chaleur est étouffante. Heureusement, nous pique-niquons au bord du Lac de la Coche, où nous pouvons mouiller nos casquettes et le chien. 

Nous entamons alors la montée vers le Col de la Vache, donnée pour 2h30. Nous ne savons pas encore ce qui nous attend ! Pisco montre des signes de fatigue, nous décidons de lui retirer son sac de bât. Heureusement, nous croisons un torrent assez important, nous buvons presque 1 litre d’eau, avant de remplir toutes les gourdes. L’eau est claire et fraîche !

Au pied du Col de la Vache, nous prenons la mesure de ce qui nous attend : c’est un immense pierrier, nous allons devoir monter de blocs en blocs, nous aider de nos mains…

C’est un passage très délicat avec un chien : nous avons dû le porter par endroits, il a parfois glissé et pris peur, il a fallu s’armer de patience pour l’encourager et lui montrer le bon chemin… C’est une étape qui me paraît possible, mais en raccourcissant la longueur et en n’arrivant pas trop tard au pied du Col, car la montée peut prendre du temps avec un chien !

Pensez également à vous munir de chaussons et à bien préparer les pattes de votre chien avant cette étape : ne vous lancez pas là-dedans sans entraînement préalable !

Arrivés au sommet, nous devons encore marcher plus d’une heure pour rejoindre le refuge des Sept Laux. Il faut d’abord redescendre du Col de la Vache, avant de longer les lacs (où plusieurs personnes bivouaquent). Nous arrivons littéralement fourbus, mais récompensés par le superbe panorama qui s’offre à nous. 

C’est donc une étape très longue et très difficile sur le plan technique, surtout avec un chien. Nous aurions dû la raccourcir en passant par le refuge d’Aiguebelle ! 

Le spot pour les tentes est le plus sympa de tout ceux vus jusqu’ici, car plat et avec pas mal d’espace. Nous n’avons pas demandé s’il y avait une douche, nous nous sommes contentés de nous débarbouiller dans les lacs… Mais vu qu’il n’y a qu’un seul toilette (à la turque !) pour tout le refuge, la douche me parait compliquée. 

Nous n’avons pas pu dîner car le refuge était complet lors de notre réservation par téléphone, mais nous avions commandé une planche de charcuterie et fromage par personne. Avec une part de tarte aux myrtilles, nous étions rassasiés !

 Du refuge des Sept Laux au village du Pleynet – 8.6 km – 200 D+ – 3h de marche

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Dernière journée de notre aventure, nous redescendons du refuge des Sept Laux au village du Pleynet. Le sentier est bien balisé. Le début de la descente est un peu technique avec pas mal de pierres. On marche ensuite en sous-bois, dans des paysages plus verdoyants, jusqu’au village du Pleynet. 

Le Pleynet
Le Pleynet

Là, nous attendrons le minibus de 14h15 (ligne 607 – Estibus) en mangeant notre pique-nique du refuge, minibus qui nous amènera à la gare des Goncelins où nous prendrons le TER de 16h36 pour Grenoble. Nous passerons une nuit à l’Hôtel des Alpes, juste à côté de la gare, avant de reprendre le bus le lendemain pour récupérer notre voiture à Chamrousse. La boucle est bouclée !

Notre équipement pour cette randonnée

Randonner en autonomie ne s’improvise pas : certains indispensables doivent se glisser dans le sac pour marcher en toute sécurité. J’essaye cependant de n’emporter que l’équipement indispensable, afin de ne pas me charger pour rien. Le poids du sac a un impact énorme sur le plaisir de la marche. J’ai dédié un article complet à la préparation du sac de randonnée léger, ainsi qu’au matériel nécessaire pour randonner avec un chien.

Notre avis sur la randonnée en Belledonne avec un chien

Ce que nous avons aimé : 

  • Les paysages, notamment au Col de Freydane, Col de la Vache, Lacs des Sept Laux et Lacs Roberts
  • Marcher de refuge en refuge pour ne pas avoir à porter de nourriture et planter la tente à côté des refuges
  • La possibilité de faire cette randonnée sans voiture, uniquement en transports en commun

Ce que nous avons moins aimé

  • Des sentiers très techniques, on marche en regardant ses pieds
  • Le Col de la Vache presque impossible avec un chien

Avez-vous des questions sur cette randonnée de 4 jours en Belledonne ? N’hésitez pas à me contacter dans les commentaires ci-dessous !