La West Highland Way est le plus ancien sentier de grande randonnée d’Ecosse, et l’un des plus connus. C’est un itinéraire de 154 km, relativement facile, souvent parcouru en 1 semaine. Une magnifique incursion dans les sauvages paysages écossais, les Lochs et les Highlands, mais aussi dans la culture écossaise et toute sa chaleur !

Après 7 jours de marche en autonomie et en solo avec mon chien, voici un résumé de mon expérience pour savoir comment bien se préparer pour ce trek et découvrir un aperçu des étapes de la West Highland Way !

💡 Bon à savoir 

  • La longueur des étapes peut être adaptée pour marcher plus ou moins longtemps chaque jour
  • Les solutions d’hébergement font légion, du camping sauvage à l’hôtel confortable, tout est possible.
  • Il existe des services de portage de bagages, pour marcher léger et retrouver ses affaires chaque soir !

Bien se préparer pour la West Highland Way

Comment se rendre au départ ?

Le point de départ de la West Highland Way se trouve dans la petite ville de Milngavie, juste à côté de Glasgow. Plusieurs options s’offrent à vous :

  • Arriver en avion à Glasgow, puis prendre le train pour rallier Milngavie (trajet de 25 minutes et nombreux départs dans la journée avec la compagnie Scotrail).
  • Arriver en voiture à Glasgow, et laisser votre voiture au parking de la gare durant votre trek (gratuit). C’est l’option pour laquelle j’ai opté. Il est apparemment possible de laisser sa voiture sur le parking de l’hôtel Premier Inn moyennant donation financière, ou encore au West Highland Way campsite si vous y restez une nuit avant votre départ
  • Arriver en train à Glasgow : pour les plus courageux ou les plus écolos, comptez environ 8 heures de train depuis Londres et 4 changements.

Et le retour ?

La West Highland Way est un trek très bien desservi, ce qui participe à en faire une grande randonnée accessible à tous : il y a de nombreuses options de bus et de train pour sauter une étape, revenir au point de départ avant la fin de la randonnée en cas de problème, et rentrer après celle-ci. La West Highland Way se termine dans la rue piétonne de la ville de Fort William. A 5 minutes à peine se trouve la gare où vous pourrez acheter un billet pour revenir à Milngavie (£32.50 en 2022 – 38€).

west highland way

Préparer son itinéraire

Si certains randonneurs aguerris n’hésitent pas à partir sans avoir planifié leurs étapes, je suis plutôt du genre organisé, et j’ai choisi pour ce trek d’anticiper mes journées de marche, donc de prévoir où dormir, comment me ravitailler et la durée de marche chaque jour. En cours de trek, il est relativement facile de modifier le plan initial, sauf si on a préréservé les hébergements bien sûr (encore que certains hôtels acceptent facilement un changement de dates).

Afin de préparer la West Highland Way, plusieurs outils (en anglais) m’ont bien aidée :

  • Le site officiel offre un aperçu des étapes possibles et des hébergements, c’est un bon début (à noter que la longueur “officielle” de la randonnée est de 8 jours)
  • Le groupe Facebook est très actif : plus de 17 000 membres s’entraident et répondent aux questions des uns et des autres, une vraie mine d’information !
  • La carte de la West Highland Way : dans un format très pratique et imperméable (vraiment, je l’ai fait tomber à l’eau par mégarde !), elle permet de savoir en un clin d’œil où sont les commerces et les hébergements, les distances entre 2 points d’intérêt, avec également quelques explications quant à l’histoire des régions traversées… Elle m’a vraiment servi, notamment quand j’ai décidé de passer à 7 étapes au lieu des 8 initialement prévues.

Le long de la West Highland Way, sachez que le balisage est très présent, les sentiers bien tracés, et que vous aurez souvent d’autres randonneurs visibles autour de vous : il est compliqué… De se perdre !

west highland way chien

Le ravitaillement en eau et en nourriture

Il est très facile de trouver de l’eau et de la nourriture sur la West Highland Way. Ne vous chargez pas inutilement !!!

Pour l’eau :

L’eau, c’est super lourd… J’avais un bidon de 900 mL et cela m’a largement suffi. Il y a énormément de ruisseaux pour que le chien puisse boire, des robinets d’eau pour remplir sa gourde un peu partout… Le seul passage sans point de ravitaillement est l’étape entre Tyndrum et Kingshouse, que beaucoup de marcheurs font en une seule longue journée. Je l’ai pour ma part coupée en deux, et je me suis ravitaillée avec l’eau de la rivière que j’ai purifiée avec du Micropur.

Petite astuce : j’emporte 2 gourdes vides ultra légères de la marque Platypus que j’utilise juste le soir pour avoir 2 litres supplémentaires, et ne pas avoir à faire des allers-retours à la rivière ou aux sanitaires du camping !

Pour la nourriture :

Vous croiserez des supérettes tous les jours sauf entre Tyndrum et Kingshouse. Les marcheurs étant une bonne partie de leur clientèle, elles proposent tout ce qu’il faut : sandwichs frais du jour, nourriture déshydratée, barres de céréales, pansements Compeed, shampoing à l’unité… Il est donc très facile de trouver à manger, et il y a aussi de nombreux pubs et restaurants pour se faire plaisir. De mon côté, voici comment je me suis ravitaillée :

  • Petit-déjeuner : barre(s) de céréales + café, mais j’ai fini par manger un sandwich “triangle” le matin avec mon café, un peu écœurée par le sucré et car le sandwich me tenait mieux au corps
  • Déjeuner : en général dégoté la veille, souvent un sandwich ou équivalent… J’ai eu une déconvenue avec un hôtel dans lequel j’avais prévu de déjeuner, et qui se retrouvant sans personnel avec le covid, ne proposait finalement que des parts de gâteaux. Bon, bah j’ai déjeuné sucré et j’ai survécu !
  • Dîner : 2 ou 3 fois au restaurant, sinon sur mon réchaud avec un paquet de nouilles chinoises et de la soupe déshydratée

À nouveau, le poids est l’ennemi numéro 1 du randonneur ! La plupart du temps, je transportais uniquement dans mon sac 2 barres de céréales de secours, un peu de café et mon prochain repas. C’est l’intérêt pour moi de la planification, elle permet de ne transporter que la nourriture strictement nécessaire.

Toujours par rapport au poids transporté, j’ai tenu avec une cartouche de 100 grammes de gaz, qui n’était même pas vide au retour… Et les boutiques sur la route en vendent ! Allégeons-nous !

trouver de l'eau
ravitaillement

Les hébergements sur la West Highland Way

Quatre types d’hébergement sont possibles sur la WHW :

  1. Le bivouac sauvage : autorisé partout sauf le long du Loch Lomond (à moins d’avoir acheté un permis en ligne, voir dans le détail des étapes pour plus d’infos)
  2. Les campsites : des campings avec plus ou moins de confort et de monde
  3. Les hikers huts ou pods : de toutes petites cabanes au confort sommaire, avec de simples couchettes (draps non fournis), une prise électrique et une bouilloire la plupart du temps. J’y ai passé une nuit lors de mon périple et je me suis super bien reposée !
  4. Les hôtels, chambres d’hôtes, etc : le plus confortable, forcément, mais aussi le plus cher

💡 Faut-il réserver le plus tôt possible ?

Au mois d’avril, tous les campings avaient des emplacements libres pour les tentes, mais les huts étaient parfois réservées ainsi que les chambres d’hôtel. Je pense qu’en haute saison, une réservation est plus sûre.

L’équipement

J’ai l’impression de me répéter mais honnêtement : le poids du sac doit être votre plus grande préoccupation. Et oui, soulever un sac de 13 ou 15 kg chez vous va peut-être vous sembler pas si compliqué, mais après 5 heures de marche cela sera une autre histoire, croyez-moi !!! Vous en verrez sur la West Highland Way (et ailleurs !), des randonneurs hyper chargés qui sont visiblement en souffrance… Et l’aventure est tout de suite moins sympa quand elle se transforme en calvaire. 

Pour la West Highland Way, mon sac pesait 7 kg sans l’eau et la nourriture, et je n’ai pourtant pas le sentiment d’avoir manqué de quelque chose. En cours de route, je me suis acheté une paire de chaussettes supplémentaire, un petit pot de crème pour les mains, et une crème antiseptique pour Pisco qui avait une tique… Et c’est tout ! Pour en savoir plus, vous pouvez consulter mon article complet sur la préparation du sac de randonnée avec la liste détaillée de ce que j’emporte, et mon article expliquant comment bien s’habiller en randonnée.

💡 Les erreurs à éviter

  • Partir avec des chaussures de randonnée neuves : vous devez avoir testé vos chaussures dans des conditions identiques de marche (durée et poids du sac) sur plusieurs journées
  • Partir avec un sac de plus de 10-11 kg
  • Partir avec des “au cas où” : je vais prendre ça “au cas où” il se passerait ça ; croyez-moi, vous n’en aurez pas l’utilité… Et en cas de vrai pépin, l’aide ne sera jamais loin !
chaussures de randonnée
équipement

La condition physique

La West Highland Way est-elle une randonnée difficile ? Compliqué de répondre à cette question tant elle dépend de chacun d’entre nous, et des conditions choisies pour faire cette randonnée. J’ai croisé des marcheurs de tous les âges sur le chemin, et même quelques enfants ! Opter pour le transport de bagages est une bonne option pour vivre l’expérience plus facilement.

En tous les cas, c’est une randonnée avec peu de dénivelés et de passages techniques (il n’y a pas de pierriers, de fortes pentes, ou de passages vertigineux), c’est donc une bonne option pour ceux qui souhaitent se lancer dans la grande randonnée.

Quel que soit le nombre d’heures de marche que vous ayez prévu de faire, avec ou sans sac, il est plus que recommandé de vous entraîner au préalable dans les mêmes conditions, en marchant par exemple 2 ou 3 jours d’affilée le même nombre d’heures que vous pensez faire sur la WHW.

Durant la West Highland Way, n’hésitez pas à vous étirer tous les soirs, voire à faire des bains de jambes dans les eaux froides des Loch, c’est excellent pour la récupération.

Couvrez vos ampoules de pansements Compeed dès que vous sentez un petit frottement, et laissez ensuite le pansement en place jusqu’à ce qu’il se détache seul (c’est fait pour). Essayez d’aérer vos pieds le soir et durant les pauses. Enfin, n’oubliez pas que la bière n’hydrate pas 😉 et que bien s’hydrater est important pour prévenir les risques de blessure !

Quelle est la meilleure saison pour faire la West Highland Way ?

À nouveau, cela dépend de votre hébergement, et de votre résistance personnelle à la pluie 🙂. Si vous dormez sous la tente, je trouve plus judicieux d’attendre l’équinoxe de Printemps (20 mars) pour profiter de journées plus longues et de températures plus clémentes. N’hésitez pas à surveiller les tendances avec l’excellent site Météo Blue.

Sachez par contre que dès la fin du mois de mai et durant tout l’été, surtout dans les Highlands, on rencontre une sympathique mouche qui pique et qui répond au doux petit nom de “midge”. Comme le moustique, on peut s’en prémunir par des sprays ou en se couvrant, mais c’est un paramètre à prendre en compte dans votre choix de saison. Pour en savoir plus sur les “midges”, consultez l’article de French Kilt à leur sujet.

Enfin, l’automne et l’hiver sont possibles pour faire la West Highland Way car il n’y a pas de réelle montée en altitude durant la randonnée, mais il faudra s’attendre à des températures plus fraîches voire basses, beaucoup de pluie, et le sentier rendu plus technique car glissant.

loch lomond

Peut-on faire la West Highland Way seule quand on est une femme ?

C’est une randonnée sur laquelle je me suis sentie très en sécurité en tant que “femme seule”. J’ai d’ailleurs croisé plein d’autres randonneuses solo. La popularité de ce trek le rend très fréquenté, limitant les moments de solitude, et la couverture téléphonique est bonne en cas de pépin.

​La West Highland Way avec un chien

L’Écosse est un pays très dog-friendly, il est donc facile de trouver un hébergement avec son chien, même à l’hôtel. Les campsites les acceptent tant qu’ils sont en laisse, ils sont également acceptés à l’intérieur de la plupart des pubs et des restaurants, et de nombreux commerces mettent une gamelle d’eau devant leur porte !

Les chiens sont acceptés dans le train gratuitement et sans muselière. Dans le bus, c’est “à la discrétion du chauffeur”, ne l’ayant pas emprunté je n’ai pas pu vérifier ce que cela donnait (n’hésitez pas à m’écrire si vous avez testé pour que je puisse compléter l’article !)…

Sachez que ne pas ramasser les besoins de son chien est passible d’une amende.

Pour emmener votre compagnon à 4 pattes sur la West Highland Way, il faut que comme vous, il soit entraîné à l’effort physique qu’il va devoir fournir. Une préparation des coussinets avec une crème protectrice peut aussi être salutaire (pour ma part j’utilise la marque Canopset, qui est beaucoup moins grasse que celles testées jusqu’ici !).

Il peut y avoir beaucoup de tiques sur le chemin, pensez à emporter un tire-tique. J’ai dédié un article sur l’équipement pour randonner léger en autonomie avec un chien, si vous souhaitez ne rien oublier.

Vous croiserez des moutons et du bétail en liberté le long du chemin. Il est recommandé de garder votre chien en laisse durant ces moments-là pour ne pas les effrayer ni risquer un accident… Il y a quelques échelles à franchir à la fin du Loch Lomond, mais rien d’insurmontable, j’ai dû aider Pisco seulement 2 ou 3 fois. Enfin, les magasins vendent toujours des boites de pâtée pour chien, permettant de se ravitailler au cours du trajet.

Les étapes de la West Highland Way

💡 Bon à savoir

J’ai effectué cette randonnée en 7 jours, c’est une longueur classique parmi les trekkeurs, mais il est tout à fait possible d’allonger ou de réduire les journées de marche en fonction de vos envies. Les durées sont données à titre indicatif, la Fédération Française de Randonnée estime qu’un randonneur marche en moyenne à 3.5 km/h.

Jour 1 : Milngavie – Drymen Campsite (17.5 km – 250 D+ – 4 heures)

Arrivée la veille en Ecosse, je gare ma voiture à 10 heures du matin sur le parking de la gare de Milngavie. Elle va m’attendre durant une semaine, j’espère sans encombre. Je suis un peu fébrile au moment de fermer les portières, j’ai peur d’oublier quelque chose. Je pars “tard” car aujourd’hui c’est une petite étape, parfaite pour se mettre en jambes ! Alors que je cherche où est le départ de la randonnée sur mon application Maps.Me, j’aperçois de gros sacs au fond du parking… Bon bah plus qu’à les suivre ! 😉

De la gare, j’arrive très rapidement dans la rue piétonne de Milngavie, Pisco et son sac orange suscitent de nombreux sourires. Plusieurs groupes de randonneurs sont là aussi. Sous une arche en métal, c’est là, le départ de la West Highland Way ! J’hésite à demander à quelqu’un de me prendre en photo mais j’imagine que les habitants voient des dizaines de randonneurs défiler et leur demander la même chose, et j’ai envie de me mettre en route donc j’avance !

D’abord un joli parc où Pisco dépose un petit cadeau malodorant 😅 (ouf, il y a une poubelle pas loin), puis une forêt assez calme… Le sentier d’abord étroit se transforme ensuite en piste forestière. Il y a pas mal de moutons, des habitations mais on se sent déjà à la campagne, les paysages sont jolis !

 Il fait assez chaud, je décide de pique-niquer le long du sentier dans de hautes herbes. Un peu plus loin, j’arrive au village de Dumgoyne où il y a de quoi remplir sa gourde, et une petite épicerie fine très hipster où je m’arrête pour prendre un café au soleil et où je discute avec d’autres randonneurs.

Je reprends la route, la campagne d’un coup est vert pétard, quelques routes à traverser ou à suivre mais rien de bien méchant au niveau du trafic ! J’arrive assez tôt au Drymen Campsite où j’ai prévu de passer la nuit. Un carré d’herbes pour les tentes, quelques hikers huts, et des sanitaires assez agréables, tout ça pour 13€.

Problème, le camping qui était censé offrir une option “dîner” n’en offre finalement pas… Et il faut marcher 1 heure supplémentaire (aller-retour) pour se rendre à Drymen et manger (Spar et restaus) ! N’ayant rien à me mettre sous la dent, et après une bonne douche car il n’y en aura pas le lendemain, je me résous à marcher une heure de plus, j’aurai donc marché 21 km au lieu des 17 prévus initialement. Dès la première journée, l’imprévu est là !

Je me glisse tôt sous la tente, mais c’est sans compter sur les autres campeurs que j’entends parler à voix haute jusqu’à minuit… C’est donc d’assez mauvais poil que je me réveille le lendemain matin !

Jour 2 : Drymen Campsite – Sallochy Campsite (22 km – 600 D+ – 5h10)

Après les besoins de Pisco en dehors du camping, j’avale de petits biscuits hyper sucrés (”flapjack”) en guise de petit dej et un café, puis je replie mon camp pour la première fois. Les gestes deviendront ensuite de plus en plus efficaces ! Je pars en direction de Drymen, je connais déjà la route puisque j’ai été obligée d’y aller la veille. Mais surprise, je suis accompagnée par une procession de traileurs !!!

Ils se sont élancés le matin même de Milngavie où j’étais hier, et seront le soir à Tyndrum… Où je serai dans 3 jours ! C’est la Highland Flying Race, un ultra marathon de 85 km ! L’ambiance est super, j’encourage les coureurs et tous m’adressent un petit mot… Les supporters sur le parcours décident de m’encourager aussi (alors que vraiment, ce n’est pas le même effort !). Au bout de 2 heures, je vois passer les derniers traileurs, qui n’en sont pas moins vaillants !

Je suis au pied de Conic Hill, une des premières ascensions de la WHW. Et là malheur, un panneau interdit la zone aux chiens depuis 5 jours seulement, car c’est la période d’agnelage. Un itinéraire bis est proposé. Ne voyant absolument aucune brebis dans la zone, je décide de risquer l’amende et d’emprunter l’itinéraire en tenant Pisco en laisse bien courte, et de plaider l’incompréhension en cas de problème… Je ne regrette pas mon choix car je ne croise aucun mouton durant l’ascension de Conic Hill, est la vue du sommet sur le Loch Lomond est vraiment magique !

Arrivés là-haut, il y a du monde, beaucoup de touristes qui sont montés depuis le village de Balmaha. Je déteste la foule donc je fonce et dépasse de nombreuses familles. A Balmaha, outre les restaus je trouve une supérette avec de bons sandwichs frais du jour… Et des tables de pique-nique juste en face ! Des Ecossais veillent sur mes affaires et Pisco le temps du shopping, et lui rajoutent de l’eau dans sa gamelle, vraiment des amours ! Il y a un peu d’animation dans le village et beaucoup de camping-cars et de touristes venus profiter du Loch Lomond et de ses plages.

Vue de Conic Hill

C’est le deuxième plus grand Loch (après le Loch Ness), et je vais passer les 36 prochaines heures à longer sa rive, en direction du Nord !

Une fois sustentée, et mon dîner acheté (car cette fois je sais que je n’aurai rien pour me ravitailler), j’entame la longue remontée du Loch. Je suis sous le couvert des arbres, tandis que régulièrement la vue s’ouvre sur des plages plus ou moins grandes et fréquentées. L’ambiance est estivale ! Paddle, châteaux de sable, c’est vrai qu’il fait super beau. J’envoie Pisco se baigner (sans ses sacoches !), il est super content.

Le Loch Lomond appartient à une réserve nationale, et le camping sauvage y est interdit en dehors des zones autorisées du 1er mars au 30 septembre. De nombreux trekkeurs marchent jusqu’au village de Rowardennan pour y trouver hôtels et auberges de jeunesse, mais il faut compter a minima 7 heures de marche. Pour ma part, j’ai choisi de bivouaquer.

Pour cela, il faut prendre un permis pour la seule zone de bivouac sauvage autorisée (Lochan Maol Dhuinne) sur ce site, ou alors aller au Sallochy Campsite (toilettes sèches & eau, mais pas de douches – 9€ pour une tente). Là aussi, il y a de chouettes emplacements le long du Loch qui sont vite réservés, et des emplacements beaucoup plus moches sur lesquels je me suis rabattue, avec des voitures autour…

Tant pis pour mon emplacement moche, je profite de la plage avec Pisco. Assise sur un rocher, je trempe les jambes dans l’eau pour éviter courbatures et tendinites… Elle est super froide, mais soleil aidant, il est encore tôt, je finis par me baigner entièrement… C’est bon pour la circulation parait il !!

Je dîne sur une des tables de pique-nique de nouilles chinoises et d’une pomme, c’est un peu light après 5 heures de marche… Mes voisins me mettent au supplice en faisant griller des saucisses ! La journée de marche a été plus dure que la veille avec la fatigue, aussi je me couche tôt. Les conversations de mes voisins sont discrètes, je m’endors donc facilement.

Jour 3 : Sallochy Campsite – Beinglas Farm Campsite (29 km – 750 D+ – 7h20)

Je le savais, en mettant arrêtée plus “tôt” que l’étape officielle qui va jusqu’à Rowardennan, ma troisième journée de marche allait être une grosse étape ! Après un petit dej de flapjack et de café, je me mets donc en route en ayant pour objectif d’avoir un bon rythme, pour profiter de mes bonnes jambes du matin sans bayer aux corneilles.

Les deux premières heures, je suis sur un nuage : je suis seule dans une très belle forêt de pins, très calme, avec régulièrement de belles vues sur le Loch et ses eaux tranquilles… Pisco est en liberté et semble apprécier aussi ! Quand j’arrive à Rowardennan, je retrouve un peu de monde, d’ailleurs Pisco en profite pour ignorer mon rappel et se baigner AVEC ses sacoches sous les rires de deux gars… Et bien la carte de la West Highland Way, vendue comme étant “imperméable”, l’est en effet, et les sacs Ziploc qui protègent les croquettes ont bien tenu !!

C’est parti pour une des sections les plus techniques de la rando : on longe le Loch sous les arbres, avec pas mal de racines, de pierres, des marches assez hautes, des échelles… Je fatigue mais j’arrive à l’hôtel-restaurant d’Inversnaid où j’ai prévu de me faire un super dej ! Et là, c’est le drame : en manque de personnel à cause du Covid, le restaurant est fermé et on ne peut donc acheter que des parts de gâteau et des paquets de chips… Le restau le plus proche est à 30 minutes et l’étape est déjà longue… La mort dans l’âme, je mange un paquet de chips, 2 parts de gâteaux et un coca, un peu saoulée par tout ce sucre alors que je rêvais d’un burger !

Bon, après ça je retrouve de super jambes, et j’enchaîne ! Finalement, je m’amuse comme une folle sur ce sentier technique, moins chiant qu’une grande ligne droite… Je demande à Pisco, en liberté, de marcher derrière moi pour pouvoir regarder mes pieds et ne pas avoir à le surveiller dans les descentes. La vue sur les eaux paisibles du Loch est super belle, on dépasse une plage où des campeurs ont installé leur camp et dorment dans des hamacs, le rêve !

Cette longue étape passe bien, j’espère ne pas le payer trop cher le jour d’après… J’arrive à Beinglas Campsite, apparemment une institution ! Plus d’une cinquantaine de tentes (13€ la nuit), des huttes, du B&B, un restaurant, une boutique… Plusieurs groupes sont déjà attablés devant une bière, de mon côté je trouve un coin à peu près plat pour ma tente avec un arbre à côté pour attacher facilement Pisco.

Sous la douche, j’entends 2 Françaises qui papotent, bon bah ça me fait de l’animation… Le campement est vite monté, la pâtée achetée pour Pisco, vite vite je vais me commander un burger et une pinte ! Pisco est accepté sans soucis dans le restau, pendant que je dîne un vieil Ecossais venu randonner dans la région me fait la conversation, il n’arrête pas de me répéter que j’ai un chien magnifique et qu’il faut profiter de nos années ensemble (c’est prévu !).

Je reste attablée jusqu’à 21 heures, je profite de la chaleur et du confort tout en rechargeant ma powerbank ET ma montre sur la seule multiprise dispo pour tout le camping !

En revenant vers ma tente à la nuit tombée, je suis agréablement surprise par le calme qui règne, je me dis “chouette, je vais bien dormir…”. Mais c’était sans compter sur ces chers Ecossais ! Vers minuit, un groupe d’au moins 4 mecs passablement avinés arrive, ils sont vraiment bien entamés et j’ai peur que l’un d’entre eux ne tombe sur ma tente…

Je n’entends personne s’énerver, j’essaye quelques chuts sans succès… Le bazar dure une bonne heure, mais recommence surtout une deuxième fois à 2 heures du matin ! Et à 6 heures, c’est un concert de sonneries de réveil diverses et variées qui me lève. Le camping propose un English petit-dej, mais pas avant 8h30 de mémoire… Je suis prête bien avant donc je renonce à attendre même s’il me faisait envie, j’avale deux barres de céréales et je me mets en route !

Jour 4 : Beinglas Farm Campsite – Tyndrum (19 km – 600 D+ – 4h30)

Après la (très) grosse étape de la veille, j’ai prévu une étape beaucoup plus courte pour ma 4ème journée. Et surtout, je me suis réservé une nuit en “pod” ou hiker hut, une espèce de petite cabane rustique pour randonneur en mal de confort. À vrai dire, au moment de prévoir cette rando je n’ai pas trouvé de campsite à Tyndrum (alors qu’il y en a un, le “By the way”), je me suis donc rabattue sur un pod pour 2 personnes au Pine Tree Leisure Park (53€)… Mais avec le recul, cette nuit “en dur” au milieu de ma rando n’est pas pour me déplaire !

Après Beinglas, la West Highland Way quitte les rives du Loch Lomond pour se diriger vers les Highlands. Cette étape n’est pas la plus sympa, car le sentier suit une route assez passante dont le bruit ne nous quittera pas de la journée… Anecdote rigolote cependant, on voit aussi passer le train bleu de la Scotland Railway que nous emprunterons au retour… Ne pas hésiter à faire coucou aux passagers, succès garanti !

Pour une raison que j’ignore, j’ai l’impression que nous sommes extrêmement nombreux sur cette étape, avec des moments où, sur le sentier qui s’étale devant mes yeux, il y a des randonneurs tous les 50 mètres ! Bon, ça permet en même temps de discuter un peu et d’échanger des sourires. Dès 11 heures, je craque pour mon pique-nique acheté la veille au campsite sous forme de “pack”, j’y retrouve un sandwich, un yaourt en tube, des chips, et des sucreries diverses et variées que je n’aurai sans doute jamais testé autrement. Je mange TOUT et je me rends compte que mon appétit est carrément décuplé avec cette rando !

Je double une allemande qui a l’air de fatiguer, c’est vrai qu’elle a un gros sac, elle m’avoue que chaque jour elle pense à souscrire au transport de bagages… Elle ne sait même pas combien elle porte de kilos ! Je compatis et lui demande si c’est sa première rando, bah non, elle a déjà marché sur le chemin de Compostelle et avait déjà fait la même erreur… Je lui souhaite bon courage et j’avance !

Alors que les paysages commencent à redevenir sympas, j’aperçois mon camping le long d’une rivière, il est 14h30 et je suis bien contente d’arriver tôt ! Deux femmes m’accueillent et sont juste trop gentilles, me demandent si je ne suis pas trop fatiguée, et le chien, et depuis combien de temps je marche, et me donnent toutes les infos sur le camping, et m’amènent jusqu’à la porte de ma cabane privée…

Ça sent un peu les chaussettes là-dedans, et c’est absolument minus : 2 banquettes avec des matelas plastifiés sans draps ni oreillers, une étagère avec une bouilloire et une mini-télé, une fenêtre… Et c’est tout ! Mais après 4 jours de marche, c’est un palace ! Pisco s’endort direct, de mon côté je veux laver le plus possible de fringues, ce qui n’est pas une mince affaire quand on n’a quasiment rien avec soit… À la boutique du camping, la lessive et le shampoing sont vendus à l’unité, c’est pratique. En brassière sous ma doudoune et en legging, je lance ma machine et je me fais mon habituel bain de jambes dans la rivière tandis que les trekkeurs continuent à défiler. J’enchaîne sur le sèche-linge, une douche brûlante où je lave mes sous-vêtements : j’aurai donc réussi à laver l’intégralité de mes fringues en 2 heures chrono !

Je décide de laisser Pisco dormir tranquillement, et d’aller en ville pour dîner et faire des emplettes. A Tyndrum, le magasin Green Welly est une institution et vend plein de matériel pour les randonneurs. J’y trouve des nouilles chinoises, des pâtes bolognaises et de la soupe lyophilisées, des sandwichs pour mon petit-déjeuner et déjeuner, de la pâtée pour chien et des pommes. Le lendemain, je n’aurai aucune possibilité de ravitaillement ! Je croise des randonneurs que je commence à connaître, on dîne tous ensemble au pub de la ville où je commande un burger (on ne se refait pas)… Et je refuse une deuxième bière pour rentrer au camping à 19h30 et me coucher TÔT !

Jour 5 : Tyndrum – Ba bridge (camping sauvage) (25 km – 540 D+ – 5h30)

On ne va pas se mentir, la nuit en pod a été merveilleuse ! J’ai dormi d’une traite d’un sommeil de plomb, c’est ce qui s’appelle recharger les batteries… Au petit-dej, j’engloutis un sandwich “triangle” poulet crudités, et décidément, c’est bien plus satisfaisant que de manger une barre de céréales sucrée.

Plusieurs options s’offrent à moi : faire du camping sauvage, pousser jusqu’au Glencoe Moutain Resort (28km) voire jusqu’à Kinghouse Hotel (30 km +). Bizarrement, c’est la dernière option que de nombreux trekkeurs privilégient, mais c’est vraiment (!) une longue étape. Encore plus près, l’Inveroran Hotel propose de quoi déjeuner. J’y prends juste un coca pour pouvoir m’asseoir sur les tables extérieures et manger mon (déjà) deuxième sandwich de la journée. J’entre ensuite à proprement parler dans les Highlands, des landes de bruyère peu fertiles, peu habitées, et montagneuses. Les maisons que je croise ont toutes des bois de cerfs immenses au-dessus de leur porche, j’espère en voir (vivants, de préférence) !

Au contraire de la veille, je suis cette fois très seule sur le sentier. Les randonneurs sont peut-être partis tôt en prévision de la grosse étape que la plupart d’entre eux ont prévu de faire. De mon côté, je me laisse porter par mes sensations, et l’envie de camping sauvage qui me titille quand même un peu. Un Ecossais croisé au dej m’a recommandé de camper vers Ba Bridge, ça tombe bien, c’est l’endroit que j’avais déjà repéré !

Je suis rattrapée par un Néerlandais que je connais de vue, il va en effet à Kinghouse ce soir, on marche une trentaine de minutes ensemble, et je m’aperçois que j’ai failli louper mon spot ! Il doit me prendre sur une dingue quand je reviens sur mes pas. La lande, bien plate, est traversée par une rivière où je pourrai m’approvisionner en eau. C’est le spot parfait !

Je quitte le sentier pour m’installer plus loin, il faut faire attention où on met les pieds car malgré les apparences, le sol est spongieux sous la bruyère et on peut vite se tremper les pieds !

Je monte rapidement ma tente avant de me faire un café pour mon bain de pieds du jour… Pisco profite de la rivière sous bonne surveillance car j’ai aperçu des biches au loin, et je connais ses instincts de chasseur. Je l’attache durant mon dîner à mon bâton planté dans le sol, il pique un somme tandis que je cuisine tout en observant  2 biches du coin de l’œil… C’est qu’elles se rapprochent !

C’est vrai que je suis seule, immobile, et que le vent est bien orienté, mais décidément cette biche vient de plus en plus près… Je mitraille tout en retenant mon souffle et en espérant que Pisco ne se réveille pas, les minutes s’éternisent et je pose mon téléphone pour apprécier l’instant et la détailler, d’habitude ces jolies bêtes sont fugaces !

Sans doute réveillé par son nez, Pisco finit par lui aboyer dessus, elle s’éloigne de nous mais sans être paniquée ! On est chez elle ! Je réalise la chance que j’ai de passer une nuit en solo entourée par des sommets enneigés et dans ce paysage si sauvage, l’instant que je viens de vivre. Bref je prends mon pied, mais la nuit tombe et une légère bruine se lève donc je me réfugie bien vite dans mon duvet… Au moins pas de voisins bruyants ici !

Jour 6 : Ba bridge (camping sauvage) – Kinlochleven (22 km – 600 D+ – 5h)

Sous la tente c’est en général Pisco qui me réveille avec le jour, donc souvent vers 6 heures du matin ! Hélas pas de soleil, une matinée brumeuse et une tente humide, je petit-déjeune et replie mon campement rapidement en ayant assez froid. Je pars bien couverte, mais je m’arrête rapidement pour me dévêtir, dès qu’on est dans l’effort le corps se réchauffe ! J’avance seule dans la lande, avant de rejoindre une route un peu passante et l’hôtel de Kinghouse au bout de 2 heures de marche. Je comprends pourquoi certains ont souhaité dormir là, le lieu est vraiment magnifique avec une vue sur les sommets environnants (d’ailleurs, certains ont planté la tente à côté de l’hôtel sans que cela n’ait eu l’air de poser problème, pour info) !

À nouveau je retrouve de nombreux randonneurs, et nous nous élançons à intervalles réguliers pour “The Devil Staircase”, aka ZE montée du trek. Bon, en vrai, c’est 300 mètres de dénivelé vraiment pas du tout (du tout) insurmontables quand on a déjà marché dans nos montagnes françaises. Je prends même plaisir à grimper un peu, la West Highland Way étant une randonnée assez plate finalement ! Le Devil Staircase étant connu, il y a donc un peu de monde, comme d’habitude je trace pour me sentir plus seule et j’entame une longue, longue descente vers la ville de Kinlochleven, pour ma (déjà) dernière soirée.

Ça tape dans les pieds et les genoux, donc je descends certains tronçons en courant ! C’est l’un des meilleurs conseils qu’on m’ait donné, car le fait de courir (sans sprinter hein !) permet de changer de mouvement et de lutter contre les douleurs de la marche un peu installées.

A Kinlochleven, le BlackWater campsite semble avoir été choisi par la plupart de mes compagnons de marche, je suis contente d’avoir réservé d’autant que l’emplacement pour les tentes (12€ la nuit) est vraiment petit. J’ai envie de craquer pour une nuit en hutte, je me renseigne mais elles sont toutes réservées… Je vais planter ma tente tout au bout du terrain, en espérant avoir le moins de bruit possible ! Tandis que le défilé des randonneurs continue, se met en place ma routine habituelle : monter ma tente, me doucher, un petit passage sur Instagram… Je retrouve des randonneurs que je connais pour aller dîner, après quelques courses. Pisco fatigue et serait bien resté à la tente mais je n’ose pas l’y laisser seul pour plusieurs heures. On sent une atmosphère détendue de “c’est bientôt fini”, mais je n’oublie pas qu’il reste encore une belle étape demain avant d’arriver à Fort William ! Bref, au lit tôt après un burger (j’ai honte !) et un câlin avec Pisco, cette fois la nuit est bien calme, j’imagine que je ne suis pas la seule à fatiguer…

Jour 7 : Kinlochleven – Fort William (26 km – 700 D+ – 6h)

Je suis contente de ne pas avoir crié victoire trop tôt : la dernière étape est très costaude ! Après mon sandwich de petit-dèj’ (décidément une bonne idée !), je quitte Kinlochleven et attaque direct dans le dur avec une montée au soleil, dans les cailloux, bien raide. C’est ensuite une sente interminable en fond de vallée qu’il faut parcourir, qui me paraît un peu longuette car le paysage, bien que sauvage, est assez vide et rien n’accroche le regard. Pour ne rien arranger, j’ai de belles douleurs qui commencent à s’installer dans les pieds, il faut dire que la veille je ne me suis pas baignée les jambes, trop pressée d’aller au pub… Je suis sûre que ça a joué, ça m’apprendra ! Je ne suis pas seule, l’habituelle colonne de marcheurs s’étend derrière moi. Pour me motiver, j’écoute des podcasts sur mon téléphone.

Au gré des pauses de chacun, je retrouve un peu de quiétude, et le paysage un peu d’intérêt ! Je traverse une zone d’exploitation forestière, des souches mortes, des pins vigoureux, d’immenses rondins de bois… Après cette partie qui, mine de rien, monte et descend, j’entame une descente par une piste forestière. Et là, je sens que ça va être long ! Retourner en ville n’a en général rien de bien passionnant en rando, j’ai super mal aux pieds, et je suis encore à au moins 2 heures de l’arrivée. J’appelle ma maman pour un peu de soutien, et sinon c’est musique, et surtout, je trace ! OK j’ai mal, mais si je marche plus vite j’aurai mal moins longtemps 🤓 !

Comme prévu, ça s’empire : la douleur, mais aussi le sentier, qui devient un trottoir le long d’une route passante, durant 2 à 3 km ! Enfin, je finis par atteindre la ville de Fort William. J’ai un peu de difficulté à trouver le balisage de la West Highland Way, pour aller jusqu’à la fin “officielle” de la rando, au bout de la rue piétonne du centre ! Mes pieds sont au supplice surtout quand je dépasse la gare d’où je vais repartir le jour même, mais bon c’est juste impossible de ne pas passer la ligne d’arrivée.

Une fois au panneau “officiel”, je retrouve un Israëlien que j’ai déjà croisé plusieurs fois, on se congratule mutuellement… L’ambiance est en fait un peu étrange, car les marcheurs se sont dilués dans cette grande ville (du moins la plus grande depuis 7 jours !), et puis ça y est, on est au bout ! Je retourne sur mes pas pour trouver la gare et prendre mon billet de retour pour Milngavie, j’ai 2h30 d’attente pour le prochain train. J’ai envie d’aller déjeuner un bon truc en ville mais pas le courage de marcher encore, d’autant que Pisco fatigue vraiment et commence à refuser d’avancer. Je me rabats sur un Macdo mangé dans le froid au bord d’un rond-point, je suis vraiment fatiguée et je manque de craquer pour une nuit d’hôtel à plus de 200€ ! Je crois que mes neurones sont vraiment en détresse, je m’imagine me glisser dans un lit propre après une douche et dormir, dormir… Ce qui me retient de craquer mon PEL ? Je n’ai plus de croquettes pour Pisco ! Alors on prend notre mal en patience et on attend notre train de retour.

Le trajet en train est super chouette, on retraverse les Highlands sur une toute petite voie ferrée, des cerfs bondissent au passage du train… A 22 heures et après 2 changements rapides dans de toutes petites gares, j’arrive à Milngavie où je retrouve mon van. Je roule 40 mn vers un spot Park4Night avant de m’écrouler pour une super bonne nuit ! Je ne réalise pas encore que l’aventure que nous venons de vivre est finie… Et tout ce que nous avons partagé ! C’est sûr, la West Highland Way continuera à vivre longtemps dans mes souvenirs.